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Logements pour l'Opievoy
Vauhallan, Essonne, France

L'opération se développe sur deux sites distincts à Vauhallan dans l'Essone, pour le compte de l'Opievoy devenu, depuis 2018,  Les Résidences Yvelines Essonne.
Le projet nous a été attribué dans le cadre d'une procédure de conception-réalisation, dans un groupement entre Ossabois - Tectoniques et S2T.

Les deux sites de l’opération sont au cœur d’une trame urbaine et paysagère déjà constituée.
Le premier enjeu de notre proposition consiste à établir une relation de voisinage ouverte et positive, notamment avec les bâtiments existants et l’école pour le site de l’Allée des écoles, mais aussi avec le tissu pavillonnaire et la trame verte qui caractérise le village pour le site de la Grande rue du 8 Mai 1945.
Le tènement de l’Allée des écoles est situé en cœur de village, dans un environnement calme et piéton, à proximité de la plupart des équipements publics et d’un parking existant assurant sa desserte.
Celui de la Grande rue du 8 Mai 1945 est placé au pied d’une colline, sur une parcelle descendant en pente douce vers un verger, particulièrement bien orienté, avec des vues dégagées, et sans nuisances particulières. L’un comme l’autre offrent les conditions idéales pour la création d’une opération exemplaire.
L’architecture cultive des échelles variées, en évitant d’afficher une présence massive au profit de « petits blocs » et de volumes décomposés. Les terrasses, les paliers extérieurs, ou les jardins valorisent le caractère domestique de l’ensemble. Les espaces publics et la paysage d’accompagnement du programme sont aussi des éléments très significatifs de la proposition, particulièrement dans le gradation espaces publics / espaces privés, et dans l’objectif d’une cohérence territoriale avec l’ensemble.

Projet d’architecture, projet d’habitat, projet de vie

L’objectif majeur de notre travail consiste à penser un « milieu de l’habiter ». Mais un milieu de l’habiter non seulement défini par l’habitat, sphère importante de l’intime, du chez soi, mais également défini par l’espace du non-bâti, ce qui dans les faits nous rapproche ou nous sépare.
Les ambitions de notre travail consistent à établir les conditions pacifiques d’un vivre ensemble.

Une densité « habitable »

Si la densité est un enjeu de mixité et d’urbanité, elle nécessite d’être mesurée dans un contexte donné selon 3 principes majeurs :
- Un principe de mixité, basée sur une variété typologique et architecturale permettant d’enrichir le quartier dans ses relations d’échelles et de paysages
- Un principe de porosité. Accompagnant cette relation à l’urbanité, en proposant un lieu équilibrant introversion / extraversion. Ce point est d’autant plus important que, comme en témoignent nos observations, les porosités sont des dispositifs luttant contre les enclavements, les exclusions, les discriminations. Elles permettent de rejoindre autant que de joindre. Cette porosité, est la condition de développement d’une appropriation sans propriété, plutôt que l’inverse.
- Un principe d’optimisation des orientations, favorisant l’apport du soleil, la ventilation naturelle, le respect des vues, depuis l’extérieur mais également sur l’extérieur. Ainsi que les nuisances générées par les ombres portées du projet sur lui-même et du projet sur son environnement.

Cette mesure d’une densité habitable nous permet de proposer 36 logements dont 30 en intermédiaires et 6 individuels groupés selon des gabarits changeants et une intéressante alternance de bâti et de non bâti, car l’habitabilité suppose d’établir des repères et permettre l’expression des différences, à l’inverse d’une expression de «barre» ou d’architecture banalisée.

Une stratégie résidentielle

Permettre de cultiver le singulier dans l’habitat collectif, se relier à autrui tout en préservant son intimité, sont les thèmes qui déterminent l’importance des transitions entre l’habitat et le milieu, le public et le privé, le singulier et le pluriel, le dedans et le dehors. De la rue jusqu’à la chambre des appartements, se succèdent une multiplicité de seuils différents, extérieurs et intérieurs, passant par les allées, les entrées, les jardins privatifs, des paliers amples et évolutifs, jusqu’aux terrasses, comme autant d’interfaces de rencontre et d’intimité.
A quel moment est-on chez soi ?
Progressivement et à tout moment!

Le sens de l’espace non-bâti

De bonnes implantations, de bonnes expositions, des terrasses assez spacieuses pour y installer tables et chaises, des jardins morceaux de natures, sont autant de lieux que le projet propose par sa forme urbaine. C’est un rapport établi avec la nature, certes une nature domestiquée parce qu’elle est une multiplicité de prolongements du chez soi.
Cette relation au dehors, est tantôt ouverte, tantôt fractionnée, permettant la rencontre autant que l’intimité du dehors. Ce dernier point est important, car les espaces du dehors ne doivent pas être soumis à tous les regards. L’intimité de la pratique du dehors souffre des mêmes conditions que l’intimité du dedans. L’entrelacement du dedans et du dehors, dans les faits et dans la pratique devient une condition de réussite du vivre ensemble.

Une urbanité durable, ouverte au dialogue et au lien

Le projet assure la transition morphologique et d’échelle avec son environnement. Sa forme fractionne les épannelages et les alignements et instaure un dialogue avec le bâti existant.
Il organise le bâti en unités de voisinage soutenables, respectueuses de l’équilibre entre appropriation individuelle et collective, vie privée et vie sociale.
Ces unités de voisinage sont organisées autour de volumes d’entrées abrités clairement identifiables, qui distribuent les logements et offre des surfaces et des usages à partager, mais aussi des prolongements de la sphère privative. Ces dispositions hiérarchisent clairement les territoires et leur mixité en favorisant une résidentialisation réelle, sachant rester ouverte au collectif et au partage non imposé.
Il gradue qualitativement, par les lieux et les usages, les séquences public/privé.

L’implantation des constructions permet de proposer tous les logements en traversants.
Elle limite les masques solaires entre les constructions de l’opération et vis à vis des mitoyens.
Elle préserve des vis-à-vis gênants et libère des vues et des cadrages par la césure des masses bâties.

Les accès aux cages d’escaliers sont individualisés par petites unités de voisinage. Plantations, clôtures, traitement différencié des surfaces participent de cet objectif tout en préservant l’intimité des logements des accès en rez-de-chaussée.
L’aménagement des abords immédiats de l’opération s’articule finement avec le plan d’aménagement et de paysage proposé à l’échelle du quartier.
Il rend possibles des modes d’habiter participatifs et responsables (gestion, animation, eco-citoyenneté, vie sociale), porteurs d’une urbanité durable.
Il permet d’associer éventuellement les habitants à la gestion des espaces libres (jardins privatifs et/ou partagés), permettant appropriation, vie sociale et économies de charges.
Il articule la cohabitation équilibrée de certaines qualités de l’habitat individuel à celles du collectif urbain.

Une architecture soucieuse d’environnement et de confort de vie

Le projet propose d’interroger un certain nombre de thèmes situant le développement durable au cœur de la satisfaction du besoin de confort de vie des habitants.
Il articule des typologies génériques et des assemblages simples, évolutifs et adaptés à la diversité des habitants.
Tous les logements  au RDC sont adaptables aux PMR et aux personnes âgées.
Dans chaque séjour une surface équipée et éclairée naturellement peut être affectée, voire cloisonnée pour des usages particuliers (multimédia, ordinateur, télétravail...). Les cuisines sont isolables et suffisamment grandes pour le repas.
Les logements sont simples, faciles à meubler, tous pourvus de terrasses, véritables « extériorités habitables », aux dimensions adaptées à une multitude d’usages. Les chambres sont plutôt grandes, privilégiant les surfaces appropriables et une facilité d’ameublement adaptées aux usages divers de chaque habitant.
Les finitions intérieures, les matériels et les matériaux sont simples et robustes, facilitant la maintenance et la pérennité des qualités du logement.

Des surfaces et fonctions annexes importantes et évolutives, sont associées aux logements:
- Création d’un module «Hub» tris sélectif, poubelle, boites aux lettres en interface de l’espace public
Larges paliers d’entrée abrités.
- Rangements de jardin en RDC appropriables et affectables à des usages variés.
- Placards systématisés dans les logements et sur les terrasses.


Sur le plan constructif le projet exploite les potentialités de la «filière sèche», ici filière bois en 5D selon procédé Ossabois, permettant un chantier propre, par montage rapide de composants préfabriqués en atelier et assemblés mécaniquement sur site.
Ce procédé constructif valorise les compétences et les filières locales, permet d’agir efficacement sur la réduction des gaz à effet de serre (plus de 120 dm3/m2 SHON mis en œuvre), de réduire les délais de chantier et leurs nuisances induites, d’améliorer les performances des constructions en matière de qualité environnementale, d’économies d’énergies et de réduction des charges. Il exploite les qualités techniques et symboliques du bois, qu’il valorise au profit du plaisir et du confort de vie.

Les typologies des logements sont simples et évolutives

Le bâtiment de l’Allée des écoles rassemble 12 logements intermédiaires (accès individualisés). Les grands logements (5 T3 et 1 T4) sont situés en rez-de-chaussée et profitent chacun d’un jardin privatif. Les 6 T2 sont situés au R+1 et profitent d’une terrasse. Les pièces de jour (séjour et cuisine) sont orientées ouest, sur le jardin, pour les logements du RDC tandis que celles des logements de l’étage sont orientées est, sur la terrasse. L’intimité de chaque logement est ainsi respectée et les rapports de co-visibilités gérés; les usages des parties extérieurs garantis.

Grande rue du 8 Mai 1945, le programme est organisé en quatre entités. Nous distinguons 18 logements intermédiaires, T2 et T3 répartis en 3 bâtiments (Bâtiments A, B et C), et 6 logements T4 et T2 traités en maisons individuelles groupées organisées en bande (Bâtiment D).
Comme pour l’Allée des écoles, et conformément au PLU, les bâtiments ne dépassent pas le R+1+combles (volume sous toiture non accessible). Les logements intermédiaires sont organisés de la même manière, par superposition d’un logement en rez-de-chaussée (T3), et d’un autre logement (T2), tous deux orientés au sud cette fois-ci. Leurs accès sont individualisés.

Les maisons individuelles 4/5 pièces en bande, se développent sur 2 niveaux.
Elles se trouvent en partie sud de la parcelle et forment une transition architecturale et urbaine avec l’environnement proche. Le traitement de ces 6 logements en maisons permet également de laisser passer la vue des logements en amont vers le verger situé dans le bas du terrain, dont l’accès est également rendu possible via un chemin piéton depuis le haut du terrain. Tous les logements individuels disposent d’un accès privatif par logement ainsi que de deux places de stationnement privatives.
Les logements individuels et intermédiaires disposent tous de jardins privatifs au RDC. 

Logements pour l'Opievoy, Vauhallan, Essonne, France
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Maître d’ouvrage : Opievoy / Les Résidences Yvelines Essonne

Mandataire du groupement Ossabois avec solution 5D (3D pour les blocs sanitaires et 2D pour les ouvrages architecturaux)
Maîtrise d’Oeuvre : Tectoniques Architectes

Bureaux d’études : S2T et Tectoniques Ingénieurs

Structure Bois : Ossabois
Bureau de contrôle : Socotec
SPS : Lafay SPS

Total SDP : 2500 m2
Coût travaux : 3,6 M € H.T.
Année de livraison / Year delivered: 2018
Photographes : Ossabois
Photos libres de droit

Principales entreprises : Ossabois